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Tuesday, November 22, 2022

après la labellisation, les défis qui attendent le Sénégal

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Le Jolof rice ou riz au poisson – appelé également ceebu jën, selon l’orthographe wolof – a été inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco à la demande du Sénégal. Au-delà du débat entre nations ouest-africaines sur la paternité de ce mets, les défis qui attendent le Sénégal pour tirer revenue de cette reconnaissance sont nombreux.

L’origine de ce plat est liée, d’abord, à un level d’histoire. Précisément, la colonisation a substitué aux cultures vivrières la brisure de riz, importée à partir de l’Indochine. Ensuite, interviendra ce que nous avons appelé dans notre livre Le ceebu jën, un patrimoine bien sénégalais le coup de génie des autochtones, notamment des Saint-louisiens. Sous ce rapport, la principale curiosité était la suivante : remark réussir, à partir de ce qu’on n’a pas produit, à créer du tout à fait nouveau. Et en l’incidence, pour le ceebu jën, ce n’est pas uniquement le riz qui est exporté. Excepté le poisson, pratiquement toutes ses composantes essentielles témoignent, par leur provenance, d’une économie extravertie.

La légende Penda Mbaye

Le riz sera l’objet d’un traitement authentic, au terme duquel sera inventé un mets méconnu aussi bien de ceux-là qui ont la tradition du riz que des producteurs des légumes. Au nom de riz au poisson est régulièrement accolé le nom d’une femme, Penda Mbaye. Si nul ne conteste cette filiation entre ce plat et cette dame, il reste que de sérieuses informations sur l’identité de cette femme, sur le lieu et l’époque où elle a vécu et sur les situations de la création de ce mets font cruellement défaut. C’est pourquoi nous avons affirmé dans notre livre qu’elle a bien vite quitté l’histoire pour se tailler une place de choix dans la légende.

Le colon trouvera la stratégie idoine pour « accrocher » ses sujets. L’acte un fut de mettre sous dépendance du riz tous ces déconnectés des activités agricoles, venus tenter de faire fortune dans les marchés à Saint-Louis, une des portes d’entrée des Occidentaux et, pendant une bonne période, capitale de l’Afrique Occidentale Française.

Suivront, ensuite, les paysans, premières victimes de l’économie désarticulée par la disparition programmée des cultures vivrières. Si on ajoute à ces franges, les enseignants, les différents brokers de l’administration et les militaires, on comprend mieux le processus pernicieux de promotion du riz.

Débordant les centres urbains, le riz sera consommé sur, pratiquement, l’essentiel de la colonie du Sénégal. Et, à la faveur du brassage, les « étrangers », en épousant des Saint-Louisiennes, ramènent à leur terroir d’origine leur « douce moitié » qui ne charge pas l’event de faire goûter à leur nouvelle famille les délices du riz au poisson. Conjuguant experience et coquetterie, elle « s’amusera » à servir le riz au poisson dans ses différentes déclinaisons : riz rouge, riz blanc sauce goorjigèen – ce mets à cheval sur le riz rouge et le riz blanc est appelé riz homme-femme.

Enjeux gastrodiplomatiques

Du succès de la stratégie de promotion du riz par les forces coloniales a résulté l’ancrage d’une économie foncièrement extravertie. Des indépendances à nos jours, des efforts ont été fournis pour produire du riz en Casamance et dans la région de Saint-Louis. Dans le même mouvement, l’exploitation des zones maraîchères des Niayes et du Gandiol a contribué à répondre au besoin des populations en matière de légumes.

Une femme en practice de servir du ceebu jen. Photograph Cellou AFP by way of Getty Pictures.

Il a été noté une revendication fort divergente de la paternité du ceebu jën. Cependant, cette controverse n’a jamais débouché sur ces « guerres » qui provoquent souvent des soubresauts de violence dont a parlé Paul Bocuse, surnommé « le pape » de la gastronomie française. Pour illustration, il souligne que lors de la venue de Barack Obama, en 2013, en Israël, les Palestiniens avaient estimé qu’en servant au président americain du houmous, leurs voisins avaient commis un « vol de leur héritage culturel». L’auteur indique que, outre le houmous, le falafel, autre mets fort prisé de cette région, est aussi objet de la même « guerre » entre le Liban et Israël.

Nigérians et Ghanéens ont revendiqué la paternité du Jolof rice. Mais, dans notre livre, nous indiquons que la « sénégalité » de ce plat est d’autant plus établie que la référence au « Jolof », ancien royaume, constitutif du Sénégal, n’est pas une easy clause de fashion.

Comme il arrive dans l’histoire, quand un artwork atteint une certaine notoriété, sa paternité devient objet de controverses. Il s’y ajoute que les transformations et les différentes déclinaisons subies par le mets peuvent contribuer à brouiller les repères historiques. En l’incidence, lorsque que le ceebu jën renvoie exclusivement au riz au poisson, le jolof rice s’accommode, de manière indifférenciée aussi bien de la viande, du poulet que du poisson. Sans doute, il s’agit d’un enrichissement indéniable, mais dans le patrimoine originel, il existe des codes qui permettent de distinguer les différents varieties de plats. Nous pensons d’ailleurs qu’aujourd’hui la query de la paternité soulève de moins en moins de ardour.

Les défis à relever

Depuis décembre 2021, l’Unesco a intégré le ceebu jën sur la liste du patrimoine immatériel l’humanité. Cette labellisation par l’Unesco de la model sénégalaise du riz au poisson a, d’abord, le mérite de valoriser ce que les Sénégalais ont à un double niveau. Ce classement de cet artwork culinaire dans le trésor de l’humanité est une reconnaissance d’un savoir-faire, partie intégrale du patrimoine immatériel. Et c’est toujours bon pour le psychological des Africains. Il s’agit aussi d’un encouragement à fournir un effort plus soutenu pour faire du consommer native une réalité, voire un réflexe.

Cette labellisation a sans doute aussi des incidences tout à fait positives pour l’économie, le tourisme, l’agriculture, la pêche, la restauration, and so on. Il n’est pas non plus superflu d’y intégrer les enjeux dans le cadre de la gastrodiplomatie. Toutefois, mettre à revenue tous ces avantages exige que le Sénégal veille davantage sur ses ressources halieutiques et, surtout, règle, pour de bon, la récurrente query de l’autosuffisance en riz pour mettre un terme à cette perversion scandaleuse consistant à se nourrir de ce que l’on ne produit pas.

Le Sénégal, dont la réputation repose davantage sur son rayonnement culturel et sa diplomatie, a tout intérêt à s’inscrire dans cette mouvance. Ainsi, il lui reviendra de revaloriser, en plus du riz au poisson, tout son patrimoine gastronomique, afin d’en faire un atout supplémentaire au revenue du rôle qu’il entend jouer dans le live performance des nations.

Dans cet esprit, l’Institut de technologie alimentaire retrouverait une nouvelle jeunesse. A cet établissement public, créé en 1963, avait été assignée la mission de recherche-développement en alimentation et vitamin.

Dans cet esprit de valoriser le riche patrimoine sénégalais, l’institut pourrait se fixer comme objectif de promouvoir tout ce remarquable consommable sénégalais à base de mil ou de fruits locaux. Et pour relever ce défi, le Sénégal serait bien inspiré de mettre à revenue toute l’experience avérée des establishments de recherche, des universités, de la Société nationale d’aménagement et d’exploitation des terres du Delta et de la Vallée du fleuve (Saed), d’Africa Rice et des différents acteurs de son économie.

Cet article a été écrit avec la contribution de Alpha Amadou Sy, co-auteur du livre Ceebu jën, un patrimoine bien sénégalais.

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